Avantage en nature véhicule électrique de fonction 2026 : le calcul complet, éco-score inclus

Avantage en nature véhicule électrique de fonction 2026 : le calcul complet, éco-score inclus

10 September, 2026 | 10 Lecture minimale

Camille habite à 20 km du site, en zone périurbaine, sans collègue sur son trajet. Pas de bus à l’heure qui l’arrange, pas de covoiturage possible. Pour ce genre de situation — minoritaire, mais réelle dans presque toute organisation — la voiture de fonction reste parfois la seule option sérieuse. La question n’est plus « faut-il lui en donner une », mais « laquelle coûte le moins cher, à elle comme à l’entreprise ». Et la réponse dépend d’un détail que beaucoup de gestionnaires de flotte découvrent trop tard : l’éco-score.

Mettre une voiture à disposition d’un salarié pour un usage privé crée un avantage en nature (AEN), soumis à cotisations sociales. Depuis l’arrêté du 25 février 2025, applicable aux véhicules mis à disposition à compter du 1er février 2025, le calcul repose sur deux briques : une base classique, et un abattement conditionnel qui peut diviser la facture par plus de trois si le véhicule est électrique et correctement choisi.

La base de calcul, sans abattement

Deux méthodes selon le mode de financement du véhicule :

  • Achat : 15 % du coût d’achat TTC, ou 10 % si le véhicule a plus de cinq ans.
  • Location (LLD, LOA) : 50 % du coût global annuel — loyers, entretien et assurance compris — porté à 67 % si l’employeur prend également en charge le carburant d’un véhicule thermique.

Dans les deux cas, l’électricité de recharge payée par l’employeur est exclue du calcul (sauf cas particulier d’une borne installée au domicile du salarié et non restituée en fin de contrat). C’est une différence de taille avec le thermique, où le carburant pris en charge alourdit directement l’assiette.

L’abattement éco-score : la vraie mécanique à comprendre

Voici l’élément qui change tout, et que beaucoup de responsables paie appliquent encore mal : un véhicule 100 % électrique ne bénéficie d’un abattement supplémentaire que s’il figure sur la liste éco-score de l’ADEME, avec une note d’au moins 60 sur 80. Cette liste, mise à jour par arrêté environ chaque mois (près de 1 200 versions listées fin août 2026), tient notamment compte du lieu de fabrication du véhicule et de l’origine de sa batterie — c’est ce qui explique que certains modèles électriques, pourtant parfaitement fonctionnels, n’y figurent pas.

Pour un véhicule éligible :

  • Abattement de 70 % au forfait, plafonné à 4 641,60 €/an en 2026 (contre 4 582 € en 2025 — la confusion entre ces deux chiffres est fréquente, veillez à utiliser le bon selon l’année de mise à disposition) ;
  • Abattement de 50 % au réel, plafonné à 2 026,30 €/an.

Cet avantage s’applique aux véhicules mis à disposition entre le 1er février 2025 et le 31 décembre 2027 — une date de fin à garder en tête si votre cycle de renouvellement de flotte dépasse cet horizon.

Le calcul complet, avec de vrais chiffres

Reprenons le cas de Camille. L’entreprise opte pour une Renault Twingo E-Tech Electric en LLD sur 36 mois — un modèle éco-scoré depuis sa validation au Journal officiel du 19 mars 2026, disponible à partir de 19 490 € TTC, avec une autonomie WLTP de 263 km, largement suffisante pour un usage domicile-travail quotidien.

  1. Loyer LLD (entretien et assurance inclus, ~10 000 km/an) : environ 330 €HT/mois, soit ≈ 4 000 €/an.
  2. Base AEN : 50 % × 4 000 € = 2 000 €.
  3. Abattement éco-score : 2 000 € − (70 % × 2 000 €) = 600 €/an d’AEN — largement sous le plafond de 4 641,60 €, donc non écrêté.
  4. Charges patronales sur l’AEN (environ 45 %, ordre de grandeur variable selon l’entreprise) : ≈ 270 €/an.
  5. Coût employeur total estimé : ≈ 4 400 €/an (loyer + charges sur l’AEN, électricité de recharge à part et récupérable en TVA).

Côté salarié, les cotisations et l’impôt portent sur 600 € d’AEN seulement — quelques dizaines d’euros par mois, pour une voiture neuve dont il n’assume ni l’achat, ni l’entretien, ni l’assurance, ni l’électricité professionnelle.

Et si le même calcul se fait sans éco-score ?

C’est là que l’écart se creuse. Prenons deux alternatives à budget de loyer comparable :

Twingo E-Tech (éco-scorée)Clio thermique équivalenteDacia Spring (non éco-scorée)
Loyer LLD annuel≈ 4 000 €≈ 4 200 €Plus bas, mais sans abattement
Base AEN (50 %)2 000 €2 100 €50 % du coût global, sans réduction
Abattement éco-score−70 % → 600 €Aucun (thermique)Aucun — non listée ADEME
Taxes annuelles de flotte0 €Plusieurs centaines d’€/an0 € (électrique)
AEN final600 €/an≈ 2 100 €/anProche du même niveau qu’un thermique
Coût employeur estimé≈ 4 400 €/an> 5 500 €/anLoyer plus bas, mais avantage social annulé

La Dacia Spring illustre le piège le plus fréquent : assemblée en Chine, elle ne figure pas sur la liste éco-score ADEME, malgré son prix d’appel attractif et son statut 100 % électrique. Même logique pour la Leapmotor T03 et la BYD Dolphin Surf. La Fiat Grande Panda électrique, produite en Serbie, est un cas intermédiaire : son bonus écologique grand public est déjà plafonné à 2 000 €, et son éco-score dépend de la version exacte — à vérifier avant signature, jamais présumé.

Le réflexe à adopter avant toute commande de flotte : vérifier le modèle et sa version précise (code TVV, case D.2 de la carte grise) sur la liste éco-score ADEME en vigueur au moment de la mise à disposition, pas au moment du devis. La liste évolue par arrêté presque tous les mois.

Les autres avantages fiscaux qui jouent en faveur de l’électrique

Au-delà de l’AEN, la fiscalité de flotte 2026 favorise nettement l’électrique :

  • Exonération des deux taxes annuelles sur les véhicules de flotte (contre 130 €/an pour un essence Crit’Air 1, jusqu’à 650 €/an pour les plus polluants) ;
  • Plafond d’amortissement fiscal de 30 000 €, contre 18 300 € — voire 9 900 € — en thermique ;
  • TVA récupérable à 100 % sur l’électricité de recharge ;
  • Prime CEE (fiche TRA-EQ-114) d’environ 570 € pour une voiture particulière électrique achetée ou louée au moins 24 mois par une entreprise — bien loin du bonus écologique classique, qui a été supprimé pour toutes les personnes morales depuis le 2 décembre 2024 (décret n° 2024-1084). Ne comptez plus dessus dans vos simulations, quel que soit ce qu’affichent encore certaines offres publiques destinées aux particuliers.

À noter pour les flottes qui grossissent : la taxe annuelle incitative (TAI), instaurée par la loi de finances 2025, impose un quota de 18 % de véhicules à faibles émissions en 2026 aux flottes de 100 véhicules ou plus, avec une pénalité de 4 000 € par véhicule manquant. Une PME ou une ETI qui reste sous ce seuil n’est pas concernée — mais autant le savoir avant de dépasser la barre des 100 véhicules.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

  • Signer une LLD sans vérifier l’éco-score de la version exacte — le nom commercial ne suffit pas, deux versions du même modèle peuvent différer.
  • Paramétrer la paie sur l’ancien barème AEN (9 %/30 %, antérieur à février 2025) au lieu du nouveau (15 %/50 %) : risque direct de redressement URSSAF.
  • Réintégrer l’électricité de recharge dans l’AEN alors qu’elle en est exclue — une erreur qui gonfle artificiellement l’avantage en nature déclaré.
  • Confondre le plafond 2025 (4 582 €) et le plafond 2026 (4 641,60 €) lors d’une simulation.
  • Croire que le bonus écologique existe encore pour l’entreprise : ce n’est plus le cas depuis fin 2024, seule la prime CEE subsiste.

Avant de commander la voiture, une question plus simple

Une voiture de fonction électrique bien choisie coûte, on l’a vu, nettement moins cher qu’un thermique — mais elle reste, à plus de 4 000 € par an et par salarié, l’option la plus onéreuse du triptyque FMD / indemnité kilométrique / véhicule de fonction. Elle a du sens pour un salarié réellement isolé. Elle n’en a aucun pour quelqu’un qui aurait, sans le savoir, un collègue habitant à trois rues de chez lui et empruntant le même trajet chaque matin.

C’est le rôle d’une cartographie fine des trajets domicile-travail — celle que permet TeamWheels dans Microsoft Teams — de trier, avant tout investissement, qui est vraiment isolé et qui ne l’est pas encore su.

Foire aux questions

Comment calcule-t-on l’avantage en nature d’une voiture électrique de fonction en 2026 ? On part de la base classique : 15 % du coût d’achat TTC en cas d’achat (10 % si le véhicule a plus de 5 ans), ou 50 % du coût global annuel en cas de location (loyers, entretien, assurance). Si le véhicule est 100 % électrique et figure sur la liste éco-score de l’ADEME, on applique ensuite un abattement de 70 % sur ce montant au forfait (plafonné à 4 641,60 €/an en 2026), ou de 50 % au réel (plafonné à 2 026,30 €/an). L’électricité de recharge payée par l’employeur n’entre pas dans le calcul.

Qu’est-ce que l’éco-score ADEME et pourquoi est-il si important ? L’éco-score est une note sur 80 attribuée par l’ADEME à chaque version de véhicule électrique, qui tient compte notamment du lieu de fabrication et de la provenance de la batterie. Seuls les modèles atteignant au moins 60/80 figurent sur la liste publiée par arrêté, mise à jour environ chaque mois. Cette liste conditionne l’abattement de 70 % sur l’avantage en nature : un véhicule électrique qui n’y figure pas — même s’il est 100 % électrique — perd cet avantage et voit son AEN calculé sans réduction.

Quels véhicules électriques ne sont pas éco-scorés en 2026 ? Plusieurs modèles électriques d’entrée de gamme populaires ne figurent pas sur la liste éco-score ADEME, notamment la Dacia Spring (assemblée en Chine), la Leapmotor T03 et la BYD Dolphin Surf. La Fiat Grande Panda électrique, produite en Serbie, est un cas à vérifier au cas par cas selon la version. Avant de signer un contrat de location, il faut impérativement vérifier le modèle et sa version exacte (code TVV, case D.2 de la carte grise) sur la liste ADEME en vigueur au moment de la mise à disposition.

Quel est le plafond de l’abattement éco-score en 2026 ? Le plafond de l’abattement de 70 % au forfait est de 4 641,60 € par an en 2026 (contre 4 582 € en 2025). Au réel, le plafond de l’abattement de 50 % est de 2 026,30 € par an. Ces montants s’appliquent aux véhicules électriques éco-scorés mis à disposition entre le 1er février 2025 et le 31 décembre 2027 — une fenêtre calendaire à surveiller si vous planifiez un renouvellement de flotte au-delà de cette date.

Une voiture de fonction électrique coûte-t-elle vraiment moins cher qu’un thermique équivalent ? Oui, à condition qu’elle soit éco-scorée. Sur un exemple type (citadine en LLD, environ 9 000 km/an), l’avantage en nature d’un véhicule électrique éco-scoré peut descendre autour de 600 €/an contre environ 2 100 €/an pour un thermique équivalent — soit 3,5 fois moins de charges patronales sur ce seul poste, sans compter l’exonération des taxes annuelles de flotte et la TVA récupérable sur l’électricité de recharge. Un véhicule électrique non éco-scoré, en revanche, perd cet écart : son AEN se calcule comme celui d’un thermique.


Chiffres établis sur la base de l’arrêté du 25 février 2025, des arrêtés éco-score ADEME publiés jusqu’en août 2026, et des tarifs constructeur communiqués pour la Renault Twingo E-Tech Electric. Les loyers LLD indiqués sont des estimations de marché ; demandez un devis loueur pour votre kilométrage exact. Ces règles évoluant, vérifiez toujours le barème et la liste éco-score en vigueur à la date de mise à disposition du véhicule.

Vous hésitez entre financer une flotte de véhicules de fonction et développer le covoiturage domicile-travail ? Notre guide comparatif des coûts employeur 2026 met les trois options côte à côte, avec deux cas concrets chiffrés.

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