
Plan de réduction carbone en entreprise : construire une stratégie de décarbonation qui tient en 2026
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La question revient sans cesse en RH : le temps que passe un salarié dans les transports doit-il être payé ? La réponse dépend d’une frontière juridique précise, souvent mal comprise — et qui expose l’entreprise à des rappels de salaire quand elle est ignorée.
Un salarié qui met deux heures pour venir travailler estime, à juste titre, que ce temps « compte ». Un dirigeant, lui, rappelle que le trajet n’est pas du travail. Les deux ont partiellement raison — et c’est justement cette zone grise qui génère contentieux, redressements URSSAF et tensions internes.
En 2026, avec l’allongement des distances domicile-travail, le télétravail partiel et la multiplication des salariés itinérants, la distinction entre temps de trajet et temps de travail effectif est devenue un sujet RH de premier plan. Ce guide clarifie les règles, illustre les cas concrets et détaille vos obligations d’employeur — pour sécuriser vos pratiques et maîtriser le coût des trajets.
Information générale. Cet article ne constitue pas un conseil juridique. Les règles présentées dépendent de votre convention collective, de vos accords d’entreprise et d’une jurisprudence évolutive. Pour toute situation individuelle, consultez un avocat ou un juriste en droit social.
Tout part de deux articles du Code du travail.
L’article L3121-1 définit le temps de travail effectif comme « le temps pendant lequel le salarié est à la disposition de l’employeur et se conforme à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles ». Trois critères cumulatifs, donc : être à disposition, suivre les directives, ne pas pouvoir vaquer à ses occupations.
L’article L3121-4 en tire la conséquence pour le trajet : « Le temps de déplacement professionnel pour se rendre sur le lieu d’exécution du contrat de travail n’est pas un temps de travail effectif. »
Autrement dit, le trajet classique entre le domicile et le lieu de travail habituel :
La logique est simple : le matin, dans sa voiture ou son train, le salarié n’est pas encore à la disposition de l’employeur. Il gère librement son déplacement. Ce n’est pas du travail.
Le même article L3121-4 pose immédiatement une nuance décisive :
« Toutefois, s’il dépasse le temps normal de trajet entre le domicile et le lieu habituel de travail, il fait l’objet d’une contrepartie soit sous forme de repos, soit sous forme financière. »
Concrètement, dès qu’un salarié doit se rendre sur un lieu de travail inhabituel (un chantier éloigné, un client, un salon, un site secondaire) et que ce déplacement est plus long que son trajet habituel, la fraction excédentaire ouvre droit à une contrepartie.
Elle est déterminée par accord d’entreprise ou de branche. À défaut d’accord, c’est l’employeur qui la fixe unilatéralement, après consultation du comité social et économique (CSE) lorsqu’il existe.
Attention : la contrepartie ne peut pas être symbolique. La Cour de cassation rappelle régulièrement qu’une contrepartie dérisoire au regard de l’ampleur du dépassement est susceptible d’être requalifiée par le juge. La proportionnalité est la règle.
Le texte précise aussi que « la part de ce temps de déplacement professionnel coïncidant avec l’horaire de travail n’entraîne aucune perte de salaire ». Si un salarié se déplace vers un site inhabituel pendant ses heures de travail, il continue d’être payé normalement — ce n’est pas déduit de son salaire.
Il faut distinguer nettement deux situations que l’on confond souvent :
| Situation | Nature juridique | Rémunération |
|---|---|---|
| Domicile → lieu de travail habituel | Trajet, pas du travail effectif | Non rémunéré comme travail |
| Domicile → lieu inhabituel (plus long) | Trajet, mais contrepartie sur l’excédent | Repos ou compensation financière |
| Déplacement entre deux lieux de travail dans la journée | Temps de travail effectif | Rémunéré comme du travail |
| Salarié itinérant à disposition pendant le trajet | Peut être du travail effectif (au cas par cas) | Rémunéré, compté en heures sup |
Le troisième cas est essentiel. Lorsqu’un salarié se déplace d’un lieu de travail à un autre au cours de sa journée (par exemple d’une agence à un rendez-vous client, puis à un second client), ce temps est du temps de travail effectif à part entière. Pendant ce déplacement, il reste à la disposition de l’employeur, sous ses directives. Ce temps est donc payé comme du travail et compté pour les heures supplémentaires.
Depuis l’arrêt de la Cour de cassation du 23 novembre 2022 (n° 20-21.924), la situation des salariés itinérants (commerciaux, techniciens de maintenance) a évolué. La Cour admet que le temps de déplacement entre le domicile et le premier ou le dernier client peut constituer du temps de travail effectif — non pas systématiquement, mais lorsqu’il répond aux critères de l’article L3121-1.
Les juges regardent notamment si, pendant le trajet, le salarié :
Cette analyse au cas par cas est confirmée par les décisions les plus récentes (voir les analyses de EY Société d’Avocats et des Éditions Tissot ). Pour les postes itinérants, la vigilance est donc de mise : la qualification dépend des faits, du contrat et de la convention collective.
Au-delà de la question du temps, l’employeur a des obligations concrètes sur le coût du trajet.
L’article L3261-2 du Code du travail impose à tout employeur, quelle que soit sa taille, de prendre en charge au moins 50 % du prix des abonnements aux transports en commun (train, métro, bus, tram) et aux services publics de location de vélos, souscrits par les salariés pour leurs trajets domicile-travail.
Cette prise en charge est :
Ne pas l’appliquer expose l’entreprise à un redressement URSSAF et à des rappels de sommes dus aux salariés.
À côté de cette obligation, plusieurs dispositifs restent facultatifs mais fortement incités :
| Dispositif | Objet | Statut |
|---|---|---|
| Prise en charge 50 % transports publics | Abonnements bus/train/métro | Obligatoire (L3261-2) |
| Prime de transport | Frais de carburant / recharge véhicule | Facultatif |
| Forfait Mobilité Durable (FMD) | Vélo, covoiturage, autopartage, EDP | Facultatif |
| Prise en charge de plus de 50 % de l’abonnement | Part au-delà du minimum légal | Facultatif, exonéré jusqu’à un plafond |
Pour 2026, l’ensemble de ces aides à la mobilité peut être exonéré de cotisations sociales dans une limite globale (relevée à 900 € par an et par salarié en cas de cumul du FMD avec la prise en charge des transports publics). La possibilité pour l’employeur de rembourser l’abonnement au-delà de 50 %, jusqu’à 75 %, en conservant un cadre d’exonération, a par ailleurs été prorogée. Les montants exacts sont fixés par la loi de finances et évoluent : référez-vous aux pages officielles URSSAF — Frais professionnels et economie.gouv.fr .
Pour un panorama détaillé du FMD, consultez notre guide complet du Forfait Mobilité Durable .
Autre obligation majeure : la protection du salarié en cas d’accident sur le chemin du travail.
L’article L411-1 du Code de la sécurité sociale définit l’accident du travail : celui qui survient « par le fait ou à l’occasion du travail ».
L’article L411-2 définit l’accident de trajet : celui qui survient pendant le trajet aller-retour entre :
à condition que le parcours n’ait pas été interrompu ou détourné pour un motif personnel étranger aux nécessités essentielles de la vie courante ou indépendant de l’emploi.
Un covoiturage organisé pour se rendre au travail, un détour raisonnable pour déposer un enfant à l’école ou faire une course de la vie courante, restent en principe couverts. Un détour purement personnel et injustifié peut, en revanche, rompre la qualification.
Les deux accidents ouvrent droit à une prise en charge par la CPAM (soins, indemnités journalières). Mais une différence est cruciale pour l’entreprise :
Dans tous les cas, l’employeur doit déclarer l’accident à la CPAM dans les 48 heures (hors dimanches et jours fériés) dès qu’il en a connaissance. Les modalités sont détaillées sur ameli.fr et service-public.fr .
Soyons clairs pour éviter tout malentendu juridique : le covoiturage ne modifie pas la nature du temps de trajet. Que le salarié conduise seul, prenne le train ou partage une voiture avec des collègues, son trajet domicile-travail habituel reste hors du temps de travail effectif. Le covoiturage ne crée aucune obligation nouvelle en matière de durée du travail.
En revanche, sur les autres plans, l’intérêt est réel :
Le covoiturage n’est donc pas un outil de conformité sur le temps de travail — il ne faut pas le vendre comme tel en interne. C’est un levier de qualité de vie au travail, d’attractivité et de maîtrise des coûts de mobilité, parfaitement complémentaire de vos obligations légales.
TeamWheels est une solution de covoiturage d’entreprise intégrée nativement dans Microsoft Teams. Pour les RH et la direction, elle facilite précisément la gestion des dispositifs évoqués plus haut :
Le covoiturage ne remplace pas vos obligations sur le temps de trajet et les frais de transport — il les complète intelligemment, en réduisant le coût et la pénibilité des déplacements domicile-travail.
Pour sécuriser vos pratiques en 2026 :
Non. En principe, le trajet entre le domicile et le lieu de travail habituel n’est pas du temps de travail effectif, conformément à l’article L3121-4 du Code du travail. Il n’est donc ni rémunéré comme du travail, ni pris en compte pour le calcul des heures supplémentaires. Ce temps n’est pas assimilé au travail effectif car le salarié n’est pas encore à la disposition de l’employeur au sens de l’article L3121-1. Des exceptions existent toutefois, notamment pour certains salariés itinérants.
Une contrepartie est due lorsque le temps de déplacement professionnel dépasse le temps normal de trajet entre le domicile et le lieu de travail habituel. L’article L3121-4 prévoit alors une contrepartie sous forme de repos ou financière. Elle est fixée par accord collectif ou, à défaut, par l’employeur après consultation du CSE. La jurisprudence exige que cette contrepartie ne soit pas dérisoire au regard du dépassement subi. La part coïncidant avec l’horaire de travail n’entraîne aucune perte de salaire.
Oui. Le temps de déplacement effectué au cours de la journée entre deux lieux de travail est considéré comme du temps de travail effectif. Pendant ce déplacement, le salarié reste à la disposition de l’employeur et se conforme à ses directives sans pouvoir vaquer à des occupations personnelles. Ce temps est donc rémunéré comme du travail et compté dans la durée du travail, y compris pour les heures supplémentaires. Cette règle diffère de celle du trajet domicile-travail habituel.
L’accident du travail (article L411-1 du Code de la sécurité sociale) survient par le fait ou à l’occasion du travail. L’accident de trajet (article L411-2) survient sur le parcours habituel entre le domicile et le lieu de travail, ou entre le travail et le lieu de repas, sans détour personnel injustifié. Les deux ouvrent une prise en charge par la CPAM, mais l’accident de trajet n’impacte pas le taux de cotisation AT/MP de l’entreprise, contrairement à l’accident du travail.
Oui pour les transports en commun. L’article L3261-2 du Code du travail impose à tout employeur de prendre en charge au moins 50 % du coût des abonnements aux transports publics souscrits par les salariés pour leurs trajets domicile-travail, quelle que soit la taille de l’entreprise. Pour les autres modes, la prise en charge est facultative : prime de transport pour le carburant et le Forfait Mobilité Durable pour le vélo, le covoiturage ou l’autopartage, avec des exonérations sociales plafonnées.
Non. Le covoiturage ne transforme pas le temps de trajet en temps de travail effectif : le salarié reste maître de son déplacement et n’est pas à la disposition de l’employeur. En revanche, le covoiturage est un mode éligible au Forfait Mobilité Durable, qui permet à l’employeur de participer aux frais dans un cadre exonéré. C’est un levier de réduction du coût et de la fatigue du trajet, sans créer d’obligation nouvelle en matière de temps de travail.
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Pour aller plus loin : lisez notre guide Covoiturage domicile-travail en entreprise pour structurer votre démarche de A à Z.
Information générale à jour en juillet 2026. Ce contenu ne constitue pas un conseil juridique et ne remplace pas l’avis d’un professionnel du droit. Les règles applicables dépendent de votre convention collective, de vos accords d’entreprise et d’une jurisprudence évolutive.

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